Les révolutions des pays arabes  » châtiments d’Israël et coups d’État militaires « 

Les plus hauts représentants des armées de Tunisie comme d’Égypte se sont rendus à Washington,dans la semaine précédant les événements…

Aussi il est tout de même étonnant que dans ces pays où existent un militantisme islamiste et un net sentiment anti-israélien, aucun slogan anti-israélien ne soit apparu pendant les manifestations. C’est bien l’indice des « révolutions » sérieusement encadrées.

révolution arabe

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Il y a dans ces pays une réelle aspiration à plus de liberté, mais pas nécessairement à plus de démocratie. Par ailleurs, je ne crois pas à la spontanéité de ces « révolutions », qui étaient en préparation depuis plusieurs années. Dès 2007-2008, des conférences organisées sous l’égide d’ONG américaines, comme Freedom House, l’International Republican Institute ou Canvas, et où étaient présents la plupart des blogueurs et des leaders de ces mouvements, ont instillé le germe de la démocratie, créant un contexte favorable aux révolutions. Le processus était le même que celui qui a précédé le démantèlement de l’URSS, la Révolution serbe, la Révolution orange en Ukraine ou encore celle des Roses en Géorgie.
Révoltes  ou  coups  d’état  Militaires  ?
Des contestations populaires ou étudiantes dans les pays arabes se produisent régulièrement, mais elles sont à chaque fois réprimées par l’armée et la police. Pour la première fois, l‘armée s’est désolidarisée de la police, en refusant de réprimer les soulèvements en Tunisie comme en Égypte, et les mouvements ont été observés par la presse internationale. Mais surtout, dans la semaine précédant les événements, les plus hauts représentants des armées de Tunisie comme d’Égypte se sont rendus à Washington, qui assure l’essentiel du financement de l’armée, pour obtenir le feu vert des États-Unis à un renversement des dirigeants. Ils ne supportaient plus la prédation des clans au pouvoir.
Ces révoltes seraient donc des coups d’État militaires prenant le visage de mouvements démocratiques spontanés ? Les manifestants de la place Tahrir n’avaient pourtant pas l’air manipulés ?
Il est tout de même étonnant que dans ce pays où existent un militantisme islamiste et un net sentiment anti-israélien, aucun slogan anti-israélien ne soit apparu pendant les manifestations. C’est bien l’indice d’une « révolution » sérieusement encadrée. Quant à la « nouvelle équipe » au Caire, elle comprend le chef d’état-major de l’armée ainsi que l’ancien chef du service des renseignements, et s’est immédiatement engagée à respecter les accords internationaux signés, notamment les accords de Camp David auxquels est hostile une large partie de la population.

Rassemblement en souvenir de la mort de la journaliste Mayada Achraf, tuée d’une balle dans la tête alors qu’elle couvrait une manifestation

Rassemblement en souvenir de la mort de la journaliste Mayada Achraf, tuée d’une balle dans la tête alors qu’elle couvrait une manifestation

En Tunisie le ras-le-bol des  Trabelsi  !
Le ras-le-bol face  à l’avidité du clan Trabelsi était profond et touchait l’ensemble de la population confrontée à des difficultés économiques croissantes jusqu’aux entrepreneurs, dont beaucoup devaient « céder » des parts entières de leur business pour ne pas être inquiétés. C’est pour cela que des manifestations se sont produites dans toutes les villes du pays. La révolte y a été plus populaire et plus profonde qu’en Égypte, où les événements se sont, pour l’essentiel, limités à la place Tahrir. Mais comme au Caire, le nouveau gouvernement de Tunis comprend en majorité des collaborateurs de l’ex-président Ben Ali. Dans les deux cas, tout s’est passé comme si les jeunes générations avaient décidé de « faire sauter le bouchon » qui empêchait leur accès au pouvoir, sans changer fondamentalement le système ou le régime. L’imminence d’un coup d’État militaire était évoquée depuis dix-huit mois en Tunisie. Aussi n’est-il pas approprié de parler de « révolution ». L’Iran, en 1979, et l’URSS, en 1991, ont connu de vraies révolutions. Tout y a changé : les hommes, les institutions, les rapports internes, les relations internationales, etc.
Rien de tel dans les événements récents. Il s’agit d’un renouvellement des classes dirigeantes qui ont, avec l’accord de Washington, organisé des coups d’État « en douceur », en profitant d’une vague de contestation populaire qu’elles ont intelligemment exploitée. Ainsi, leur arrivée aux affaires bénéficie extérieurement d’une grande légitimité et donne le sentiment d’une rupture profonde avec le régime précédent. La situation est en réalité bien différente. D’ailleurs, pour Washington, c’est un « changement dans la continuité » modifiant peu l’équilibre régional, ce qui est étonnant pour des révolutions. Washington encourage et appuie les armées d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient pour qu’elles évoluent vers un rôle « à la turque » : c’est-à-dire qu’elles n’occupent pas le pouvoir – sauf cas de force majeure – mais soient les garantes de la stabilité du pays contre l’islamisme, qu’elles contribuent à la stabilité régionale et qu’elles ne manifestent pas d’hostilité réelle à l’égard d’Israël.

Beaucoup de problèmes risquent de surgir : dans les deux pays, un fossé inédit est apparu entre l’armée, qui sort grandie des événements, et la police, qui a longtemps assumé la répression des manifestants. Les forces de l’ordre – surtout en Tunisie – en sont sorties profondément désorganisées. On pourrait voir une recrudescence de la criminalité nuisant à l’équilibre intérieur. Enfin, très vite, une partie de la population va réaliser qu’elle a été flouée. D’où de possibles chocs en retour et une reprise des émeutes. Nous en voyons peut-être déjà quelques signes avant-coureurs à travers les manifestations populaires qui semblent reprendre ici et là…

CIA : ( Les  O.N.G  et La nouvelle puissance des réseaux)

L’impact des actions de TELECOMIX révèle l’importance d’internet et des réseaux sociaux pour « exporter » une révolution afin d’influencer l’opinion internationale. Qui aurait pu prévoir les départs de Ben Ali et de Moubarak ? La Tunisie et l’Egypte, qui avaient su contenir la parole dissidente pendant de nombreuses années, ne sont pas parvenu à étouffer les révoltes récentes malgré la censure imposée. Il est probable que l’issue des révolutions dans ces deux pays ne s’est pas jouée uniquement dans la rue mais également sur la Toile.

Dès le début des manifestations antigouvernementales au Caire, la chaîne Al-Djazeera couvrait largement les évènements, en direct et en continu, sur son réseau satellitaire. Et, malgré l’interdiction de diffusion prononcée à son encontre par les autorités égyptiennes, la chaîne qatarie a réussi à poursuivre sa couverture en direct à l’aide de webcams amateurs placées à travers la ville. Les images transmises à l’aide des moyens de contournement mis à disposition par la « cyber dissidence » – dont TELECOMIX – étaient ensuite diffusées sur le satellite Hot Bird qui, contrairement au satellite égyptien Nilesat, échappait à la censure gouvernementale. En effet, si la diffusion hertzienne peut rester sous contrôle étatique, il n’y a aucun moyen de censurer la couverture satellitaire étrangère accessible sur de larges zones (Hot Bird est accessible en Afrique du Nord avec une parabole de 90 cm). De plus, plusieurs opérateurs – dont Opensky – proposent des connexions à internet via les satellites courants, tels Hot Bird, Eutelsat ou Hispasat. Un simple modem branché entre la parabole et un microordinateur suffit à ouvrir un accès au web sans la soumission à un opérateur national.

Les cyber-dissidents arabes ont également reçu une aide importante de l’ONG américaine AVAAZ.
AVAAZ – qui signifie « voix » dans plusieurs langues – est une organisation non-gouvernementale américaine, dont le siège est situé à New York, mais qui possède également des bureaux à Londres, Paris, Washington, Genève, et Rio de Janeiro. Elle a été fondée en 2006 par l’Anglo-Canadien Ricken Patel, ancien consultant à l’ONU, mais également membre des fondations Rockfeller et Bill Gates. Elle est l’émanation des groupes ResPublica, un groupe de campagnes civiques transnationales, et MoveOn, un groupe américain de mobilisation sociale sur internet. Ces deux groupes ont fortement inspiré son action dont l’objectif principal est de regrouper « des citoyens du monde » pour sensibiliser, mener des actions destinées à influencer les décisions mondiale et faire « face aux nouveaux défis qui menacent notre avenir, tels que les changements climatiques et la montée des conflits ». Selon Ricken Patel « Il faut réduire l’écart entre le monde dans lequel on vit et celui auquel on rêve »…

Ainsi, de nombreuses vidéos des révoltes en cours au Moyen-Orient qui nous parviennent sur Youtube ont été acheminées à l’aide des moyens numériques mis à disposition par AVAAZ et des outils de cryptage et de contournement de la censure fournis par TELECOMIX.
Avec les contestations arabes, une nouvelle force est née, à prendre en considération dans nos analyses, celle de la cyber-dissidence qui marquera un tournant dans l’Histoire des Révolutions.

N’oublions pas  la  Libye  !

On ne peut pas être et avoir été ? Peut-on prétendre combattre sans faiblesse la barbarie terroriste, lorsqu’on a été son allié déterminant dans la campagne de type néocoloniale, qui a été conduite contre la Libye et dont on mesure les conséquences chaotiques aujourd’hui ? Nicolas Sarkozy savait parfaitement que son fantoche « Conseil national de transition libyen » était majoritairement islamiste et qu’il comptait même dans ses rangs un ancien membre d’Al-Qaïda, Abdelhakim Belhadj. Nicolas Sarkozy savait intimement que les quantités d’armes impressionnantes livrées par la France, payées par le Qatar et introduites en Libye par les frontières sud de la Tunisie, allaient forcément tomber entre les mains des islamo-fascistes que le philosophe-guerrier, Bernard-Henri Lévy, présentait alors comme de vaillants révolutionnaires et combattants de la cause démocratique et droit-de-l’hommienne.

Nicolas Sarkozy savait, mais il y est allé quand même, suivant en cela l’exemple de George W. Bush dans sa croisade contre l’Irak en 2003. C’est ce précédent qui a autorisé certains occidentaux à aller casser de l’Arabe ou de l’Africain, en toute impunité, sous le prétexte fallacieux des droits de l’homme et du messianisme démocratique.

Lorsqu’on a été le complice utile de l’émirat bédouin du Qatar, qui soutient l’Internationale islamiste et qui finance toutes ses ramifications terroristes dans le monde arabe, en Afrique et même en Europe, il faut avoir la décence de se taire, faute de s’excuser auprès des peuples libyen et tunisien qui subissent aujourd’hui les conséquences dramatiques de la destruction programmatique de la Libye

Translated  by:  A/D/S/D   (Lansing – Michigan)

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